Entre octobre et avril

Le Luberon hors saison : ce qu'on y gagne

La saison haute du Luberon tient en quelques semaines, celles de la lavande. Le reste de l'année, la région redevient ce qu'elle est le reste du temps : un endroit où les gens habitent.

Un coupe-vent posé au soleil, dans les ombres portées d'un olivier

Ce à quoi il faut renoncer

La lavande, d'abord, et c'est la principale déception possible. Dans le secteur de Roussillon, Gordes et Apt, la floraison commence autour du 10 juin et la coupe démarre vers le 1er juillet. Qui veut les champs en fleur vise la seconde moitié de juin ; en octobre il ne reste que des rangs taillés ras.

Il faut compter aussi avec des horaires réduits. Une partie des commerces et des restaurants de village ferme ou lève le pied en hiver, et mieux vaut téléphoner que se fier à une page trouvée en ligne.

Ce qu'on y gagne

Les villages, pour commencer. Hors saison on se gare sans tourner, et on traverse Roussillon ou Ménerbes sans croiser grand monde — ce qui change radicalement l'expérience d'un lieu conçu pour quelques centaines d'habitants.

La lumière, ensuite. Le soleil plus bas allonge les ombres toute la journée au lieu de les écraser à midi, et le mistral, plus présent dans la saison froide, nettoie le ciel : c'est souvent en hiver qu'on voit le Ventoux le plus nettement.

Et les prix. L'hébergement hors saison n'a pas grand-chose à voir avec celui de juillet, dans une région où c'est souvent le premier poste de dépense.

Comment s'habiller

C'est le point que les visiteurs sous-estiment le plus. Un hiver provençal est doux au soleil et franchement froid à l'ombre, et le mistral fait perdre plusieurs degrés ressentis en quelques minutes. L'écart entre une place ensoleillée et une ruelle exposée au nord se compte en manteaux.

La règle est donc celle des couches, avec un coupe-vent qu'on roule dans le sac plutôt qu'un gros manteau qu'on finit par porter à la main dès onze heures.

Venir hors saison, c'est accepter de voir un endroit sans son costume. La plupart des régions y perdent ; le Luberon, dont la beauté tient à la pierre et à la lumière plutôt qu'à la floraison, y gagne.